Trypophobie : comprendre cette phobie des trous liée aux nids d’abeilles et motifs répétés

Relecture médicale par Cyril Boudry, MSc
Mise à jour 17 juin 2026 par BetterHelp L'équipe éditoriale

Les pores d’une peau en gros plan, les graines d’une fraise, les minuscules trous d’une éponge usée… Pour beaucoup, ces images sont anodines, voire presque esthétiques. Mais pour d’autres, elles peuvent déclencher une réaction immédiate de malaise, de frisson ou même de panique. C’est ce qu’on appelle la trypophobie : une aversion marquée pour les motifs de petits trous regroupés.

Largement popularisé sur les réseaux sociaux, ce phénomène intrigue autant qu’il divise. Car bien que des millions de personnes à travers le monde disent en souffrir, la trypophobie n’est pas (encore) officiellement reconnue comme une véritable phobie, et sa classification suscite encore de vifs débats chez les chercheurs.

Alors, peur ou simple dégoût ? Trouble anxieux méconnu ou réflexe biologique ? Eh bien, c’est que ce nous allons voir ensemble dans cet article, en tentant de décrypter ce phénomène encore mal compris : ses symptômes, ses causes possibles, les traitements disponibles… et pourquoi un flou flou entoure encore sa reconnaissance officielle !

Getty/Thanasis Zovoilis
Vous ressentez un malaise face à certains motifs ?

Qu’est-ce que la trypophobie ?

Bien que non reconnue officiellement dans le DSM-5 (la dernière édition du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), la trypophobie, ou “phobie des trous” est une phobie bien réelle pour de nombreuses personnes !

Cependant, contrairement aux phobies spécifiques, qui impliquent une peur irrationnelle et persistante, ce phénomène semble davantage lié à une réaction instinctive de rejet ou même de dégoût. En somme, ce n’est pas toujours la peur qui domine pour celles et ceux qui en souffrent, mais souvent un profond malaise.

Et la trypophobie est d’ailleurs loin d’être une condition rare, en témoigne une étude publiée en 2013 dans la revue scientifique Psychological Science qui a révélé que 16 % des participants présentaient un fort malaise à la vue d’images trypophobes. Pas forcément de la peur, non, mais bien un dégoût viscéral, qui pourrait s’expliquer selon les chercheurs par une réponse biologique évolutive, mise en place par notre cerveau afin d’éviter des motifs associés à des dangers potentiels, tels que des maladies ou des animaux venimeux.

Quels sont les symptômes de la trypophobie ?

La trypophobie ne se manifeste pas de la même façon chez tout le monde. Aussi, si chez certaines personnes, elle peut provoquer un simple malaise passager, chez d’autres, elles déclenche des réactions physiques et émotionnelles plus intenses :

Symptômes physiques

  • Frissons ou chair de poule
  • Démangeaisons (ou picotements)
  • Nausées ou sensation de malaise
  • Transpiration
  • Palpitations ou accélération du rythme cardiaque
  • Vertiges

Réactions émotionnelles et comportements d’évitement

  • Dégoût intense ou répulsion, parfois accompagné d’angoisse
  • Panique soudaine ou crise d’angoisse
  • Évitement systématique des situations ou objets déclencheurs
  • Dans les cas les plus graves, un isolement social progressif ou un retrait de certaines activités sur les déclencheurs deviennent trop envahissants

Quelle que soit l’intensité des réactions, il est important de prendre en compte que celles-ci varient sensiblement d’une personne à l’autre. Aussi, si certaines personnes peuvent ressentir une gêne tout au plus “modérée”, d’autres peuvent éprouver une véritable détresse qui peuvent affecter leur qualité de vie, nécessitant la mise en charge d’un accompagnement thérapeutique.

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Pourquoi certaines personnes développent-elles cette peur des trous ?

Des origines évolutives possibles

Comme expliqué en début d’article, il se pourrait que la trypophobie soit un réflexe de survie hérité de nos ancêtres. C’est en tout cas l’hypothèse avancée par les chercheurs Geoff G. Cole et Arnold J. Wilkins, qui ont publié une étude sur le sujet en 2013. Selon eux, les images trypophobes, de par leurs propriétés visuelles, pourraient inconsciemment rappeler des dangers biologiques comme des infections cutanées, des parasites, ou encore la peau de certains animaux vénéneux, comme le poulpe bleu annelé (évitez de cherchez des photos de ce céphalopode sur Google Images si vous êtes sensible au sujet !).

Une réaction humaine naturelle

Une autre hypothèse est que notre cerveau pourrait tout simplement interpréter ces motifs comme sales, malades, ou en décomposition, et provoquer une réponse instinctive de dégoût tout à fait normale.

Le même article de Cole & Wilkins rappelle d’ailleurs que 16 % des personnes étudiées ont eu une réaction marquée à la vue d’images trypophobes, ce qui prouve que cette aversion est loin d’être isolée, et même plutôt bien ancrée chez un grand nombre de personnes.

Un lien avec certains troubles mentaux

Chez certaines personnes, la trypophobie s’inscrit dans un tableau bien plus large ; anxiété généralisée, TOC, dépression… autant de troubles qui peuvent amplifier les réactions face à ces stimuli ! 

Une revue d’études publiées en 2017 Journal souligne d’ailleurs que les personnes trypophobes sont souvent plus susceptibles de répondre aux critères du DSM-5 pour une phobie spécifique ou un trouble anxieux généralisé.

Une question de personnalité et d’environnement

Enfin, il semblerait que la trypophobie puisse également être influencée par certains traits de personnalité. En effet, selon une étude de 2016, les personnes très sensibles au dégoût, fortement empathiques ou sujettes à l’anxiété visuelle sembleraient plus vulnérables. Des facteurs qui, combinés à des éléments comme l’éducation, des expériences de vie marquantes ou un environnement stressant, pourraient favoriser le développement de cette phobie !

Comment s’effectue le diagnostic de la trypophobie ?

Si la trypophobie n’est pas officiellement reconnue comme un trouble mental dans le DSM-5, au vu de ses symptômes et son réel impact sur la vie quotidienne, certains spécialistes la considèrent malgré tout comme une forme de phobie spécifique.

Aussi, le plus souvent, le diagnostic reposera avant tout sur une évaluation au cas par cas : à quelle fréquence les réactions surviennent-elles ? Quelle est leur intensité ? Perturbent-elles le travail, le sommeil ou les relations de la personne affectée ? 

L’objectif ? Distinguer la trypophobie d’autres troubles pouvant provoquer des réactions similaires (comme l’anxiété généralisée ou les troubles obsessionnels compulsifs), et proposer un traitement personnalisé, en fonction des symptômes propres à chaque personne.

Quels traitements pour la trypophobie ?

Si les motifs troués vous mettent mal à l’aise au point d’éviter autant que possible certaines images ou situations, sachez que vous n’êtes pas seul, et que des solutions efficaces existent pour vous aider à apprivoiser ces réactions et à reprendre le contrôle ! 

Exposition graduée : apprivoiser ses peurs en douceur

L’un des traitements les plus utilisés est la thérapie par exposition. Cette approche à l’efficacité prouvée consiste à s’exposer progressivement aux stimuli anxiogènes (ici, des images ou des objets aux motifs répétitifs). L’avantage ? Ce travail s’effectue pas à pas, souvent avec l’aide d’un thérapeute, et surtout dans un environnement sécurisé et bienveillant afin de désensibiliser le cerveau et de réduire peu à peu la réponse émotionnelle. 

Thérapie cognitivo-comportementale : reprogrammer ses pensées

La thérapie cognitivo comportementale (TCC) est sans aucun doute l’approche la plus reconnue (et la plus efficace !) pour traiter les phobies. Dans le cadre du traitement de la trypophobie, elle permet d’identifier et de modifier les schémas de pensée associés à la peur des trous, puis de développer des stratégies d’adaptation afin de renforcer la tolérance émotionnelle face aux déclencheurs.

Getty/d3sign
Vous ressentez un malaise face à certains motifs ?

Et pourquoi pas la thérapie en ligne ?

Si vous préférez éviter les déplacements ou souhaitez simplement suivre vos séances depuis un lieu confortable et rassurant, sachez qu’il existe une alternative : la thérapie en ligne. Non seulement cette approche est tout aussi (voire plus) efficace que la thérapie en face-à-face pour le traitement des phobies, mais elle offre également plus de flexibilité, puisqu’elle permet de planifier ses séances à des horaires compatibles avec son emploi du temps.

En résumé

Si la trypophobie n’est aujourd’hui pas reconnue officiellement comme un trouble mental, elle peut avoir un impact bien réel sur la vie de celles et ceux qui en souffrent.
La bonne nouvelle : c’est qu’il existe des solutions. Que ce soit par l’exposition graduée ou la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), plusieurs approches, en cabinet ou en ligne, peuvent vous permettre d’apprendre à mieux gérer vos réactions. Alors, si cette peur empiète sur votre bien-être, n’hésitez pas à consulter un professionnel ; des outils concrets existent pour vous aider à aller mieux, à votre rythme.

Il est possible de surmonter ses phobies.

Cet article fournit des informations générales et ne constitue pas un avis médical ni thérapeutique. Les mentions de diagnostics ou d’options de thérapie ou de traitement sont fournies à titre informatif et ne signifient pas que ces services sont disponibles via BetterHelp dans votre pays.

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