Les 5 phases de la dépression : Symptômes du trouble dépressif et comment y faire face

Relecture médicale par Cyril Boudry, MSc
Mise à jour 20 novembre 2025 par BetterHelp L'équipe éditoriale
Cet article peut aborder des sujets liés aux traumatismes, notamment le suicide, l'usage de substances et la violence, qui pourraient être déclencheurs pour certaines personnes.
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Introduction : Comprendre les cinq phases de la dépression 

La dépression est une épreuve complexe et souvent incomprise, qui peut toucher n'importe qui, à n'importe quel moment de sa vie. En traversant cette maladie, beaucoup ressentent un mélange d'émotions intenses, de solitude et de confusion.  Les troubles de l’humeur comme la dépression peuvent apparaître à différents cours de la vie, influencés par le contexte personnel, social ou professionnel.

Chaque personne suit un fil psychologique et émotionnel qui lui est propre, et ces individus traversent les phases de manière unique, avec des intensités et des durées différentes. Comprendre ces étapes permet de mieux reconnaître ce qu’on vit et d’avancer vers une guérison possible.

Une femme est assise en s'appuyant sur la chaise, regardant dehors, semblant pensive.
Getty/SDI Productions
Vous vous sentez submergé par vos pensées ?

Phase 1 : La dépression et le découragement

La première phase de la dépression débute souvent par un épisode de déprime où l’on se sent vidé, sans énergie, ni envie d’entreprendre quoi que ce soit. Cette période, marquée par une baisse d’intérêt pour les activités habituelles, est fréquemment banalisée, on pense traverser un simple “coup de fatigue”. Pourtant, elle peut être le signe du début d’un trouble dépressif.

La phase de découragement marque souvent le début de la dépression. C’est un moment où une tristesse persistante s’installe, accompagnée d’un sentiment d’échec et d’une perte progressive de motivation. Ce malaise, parfois difficile à identifier, peut sembler être une simple période de fatigue ou un "coup de blues" passager.

Symptômes :

  • Une tristesse qui ne s’atténue pas, même face à des moments habituellement réconfortants.
  • Un sentiment d’échec ou d’inutilité, comme si rien de ce que l’on fait n’avait de valeur.
  • Une difficulté croissante à trouver l’énergie nécessaire pour accomplir les tâches quotidiennes.

Cette phase peut être déclenchée par des événements stressants comme une surcharge de travail, des conflits relationnels ou des pressions financières. Des traumatismes, tels qu’un deuil, une séparation ou un licenciement, peuvent également jouer un rôle important. Parfois, c’est l’accumulation de petites difficultés du quotidien qui finit par peser lourd sur le moral, installant peu à peu un sentiment de découragement.

Reconnaître ces signaux précoces est essentiel : plus la prise de conscience est rapide, plus l’accompagnement peut être efficace.

Phase 2 : Isolement social et perception altérée de la réalité 

Après la déprime et la perte d’énergie initiale, la dépression entre souvent dans une phase marquée par un profond isolement social et une altération de la réalité émotionnelle.  À ce stade, la personne se sent coupée du monde et a du mal à percevoir son environnement ou ses relations de la même manière qu’avant.

Les sentiments de déconnexion et de retrait s’intensifient : rester seul paraît plus facile que d’interagir, même avec des proches bienveillants. Cette distance émotionnelle amplifie la perte d’intérêt et nourrit la sensation de vide intérieur.

L’impact de cette phase se manifeste aussi dans la perception de soi et des autres : tout semble flou, sans importance, comme si la vie se déroulait “derrière une vitre”. Les pensées négatives deviennent plus fréquentes, et l’espoir d’un changement s’amenuise.

Reconnaître cet isolement social comme un symptôme, et non comme un choix, est une étape essentielle pour rétablir le lien avec le monde extérieur et amorcer le processus de rétablissement.

Phase 3 : L’installation du trouble et ses impacts sur la vie quotidienne 

Les troubles de l’appétit et du sommeil marquent une aggravation de la dépression, affectant à la fois le corps et l’esprit. Ces déséquilibres perturbent le fonctionnement quotidien et amplifient la fatigue déjà présente.

Symptômes :

  • Troubles du sommeil : insomnies, réveils précoces ou hypersomnies (excès de sommeil non réparateur).
  • Changements d’appétit : perte d’appétit entraînant une perte de poids, ou, à l’inverse, une alimentation compulsive avec prise de poids significative.
  • Fatigue persistante : un manque d’énergie durable, même après des périodes de repos prolongées.

À ce stade, le trouble s’installe durablement et commence à avoir un véritable impact sur la vie quotidienne. Les difficultés de concentration et la baisse de productivité se répercutent sur le travail, tandis que les tensions relationnelles ou le repli sur soi fragilisent les liens avec l’entourage. Sur le plan physique, la fatigue chronique et les déséquilibres alimentaires peuvent affaiblir le système immunitaire, altérant la santé globale de l’individu.

Un dépistage précoce auprès d’un médecin traitant ou d’un professionnel de santé permet d’intervenir avant que la situation ne s’aggrave. Identifier ces symptômes et comprendre de quelle manière ils affectent le quotidien aide à orienter l’accompagnement et à amorcer un retour vers l’équilibre.

Cette phase souligne l’importance d’une prise en charge rapide pour rétablir un équilibre physiologique, élément clé du rétablissement global.

Un homme âgé est assis sur un canapé, semblant triste, en regardant des photos.
Getty/Zinkevych

Phase 4 : Recherche d’aide et accompagnement médical 

À ce stade, la dépression devient envahissante, rendant les tâches les plus simples insurmontables. L'incapacité à se gérer au quotidien s'accompagne d'une intensification du sentiment d'impuissance, souvent alimentée par une culpabilité croissante.

Symptômes :

  • Difficulté à accomplir des tâches quotidiennes simples : se lever, se laver, préparer un repas ou même répondre à un message peut devenir un effort monumental.
  • Sentiment d’impuissance : une impression de perte totale de contrôle sur sa vie.
  • Culpabilité accrue : se blâmer de ne pas "faire assez", de ne pas être à la hauteur ou de ne pas pouvoir répondre aux attentes.

Cette étape marque souvent un tournant : la prise de conscience du mal-être conduit à une recherche active d’aide et de solutions thérapeutiques. Le médecin traitant joue ici un rôle essentiel. Il peut proposer un dépistage clinique du trouble de l’humeur, prescrire un suivi adapté ou orienter vers un suivi thérapeutique.

Les repères cliniques utilisés par les professionnels s’appuient notamment sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), qui définit les critères d’évaluation et de suivi des troubles dépressifs. Ces outils permettent de mesurer la sévérité des symptômes, de conduire une évaluation précise et d’ajuster le plan de soins.

S’engager dans ce parcours médical ne signifie pas faiblesse, mais au contraire la première étape vers la stabilisation et le rétablissement. Une évaluation précoce et un accompagnement adapté peuvent considérablement améliorer la qualité de vie et favoriser la reprise du quotidien.

Phase 5 : Crise suicidaire autre étape de la dépression

La phase de crise suicidaire représente l’aspect le plus critique de la dépression. Elle est marquée par un sentiment de désespoir profond et la présence d’idées noires, avec un risque réel de passage à l’acte si aucune aide n’est apportée rapidement.

Symptômes :

  • Idées noires : pensées récurrentes de mort, allant de l’envie de "disparaître" à des plans concrets de suicide.
  • Sentiment de désespoir profond : une vision de l’avenir comme étant sans issue, avec l’impression que la souffrance est insurmontable.
  • Isolement extrême : un repli complet sur soi, souvent accompagné d’un rejet de toute tentative de soutien.

À ce stade, le danger de passage à l’acte est élevé, surtout si la personne a commencé à élaborer un plan précis. Les signaux d’alerte, comme des messages d’adieu ou des comportements inhabituels (don de possessions personnelles, par exemple), nécessitent une vigilance maximale.

Il est important d’agir sans attendre en contactant un professionnel de santé, un centre de crise,  en appelant les services d’urgence ou ou des lignes d’écoute comme le 31 14 (prévention du suicide). La crise suicidaire est une urgence médicale qui nécessite une intervention pour protéger la personne et amorcer un accompagnement adapté.

Le retour à soi et le regain d’énergie

La crise suicidaire représente la période la plus critique de la dépression, marquée par un profond désespoir et la présence d’idées noires. Il est essentiel d’agir sans attendre en contactant un professionnel de santé, un centre de crise, ou les services d’urgence comme le 31 14 (prévention du suicide).

Lorsque la personne reçoit un accompagnement adapté, un retour progressif à un état d’équilibre devient possible. Peu à peu, l’esprit s’allège, l’énergie réapparaît, et l’intérêt pour les activités du quotidien refait surface. Ce processus ne se fait pas du jour au lendemain, mais marque le début d’une reconstruction durable.

Ce regain d’élan vital est soutenu par un suivi régulier : le dépistage continu des signes de rechute, le suivi médical, et les thérapies (individuelles, cognitives ou interpersonnelles) permettent d’éviter les retours en arrière.  Les pratiques de relaxation, l’activité physique douce et le soutien des proches contribuent également à stabiliser l’humeur.

Cette phase n’est pas seulement celle de la guérison, mais aussi celle du retour à soi un moment où la personne retrouve confiance en sa capacité à avancer et à se reconnecter pleinement à la vie.

Dépression post-partum et autres formes spécifiques 

Certaines formes spécifiques de dépression, comme la dépression post partum ou celle observée chez l’adulte, suivent des phases similaires à celles du trouble dépressif classique. Cependant, leurs symptômes et leur impact varient selon le contexte émotionnel et biologique.

Chez les jeunes mères, la dépression post partum se manifeste souvent par une anxiété intense, un sentiment d’épuisement et des difficultés à créer du lien avec le bébé.

Chez l’adulte, les troubles de l’humeur s’expriment davantage à travers la fatigue chronique, la perte d’intérêt et une baisse de motivation persistante. Un suivi adapté à chaque situation reste essentiel pour favoriser le rétablissement.

Dépression: comment faire face à ses phases de la dépression ?

La dépression est une maladie complexe, mais des actions concrètes permettent de mieux la gérer et de favoriser la guérison. Voici les étapes clés pour y faire face efficacement.

Reconnaître les symptômes de la dépression et demander de l'aide

Reconnaître les signes de la dépression dès leurs premiers symptômes est important. Une consultation avec un médecin ou un professionnel de santé mentale permet de poser un diagnostic et de mettre en place une prise en charge adaptée.

Etre capable d’identifier les déclencheurs et noter ses pensées peut être utile. Repérer les situations ou pensées récurrentes qui aggravent la dépression aide à mieux comprendre et gérer ses émotions.

Chercher un soutien professionnel de la dépression

Consulter un professionnel de santé mentale est une étape essentielle pour surmonter la dépression. Les thérapeutes spécialisés aident à identifier et modifier les cycles de pensée négatifs. Dans les cas plus sévères, un psychiatre peut prescrire des médicaments pour soulager les symptômes aigus. Si l’accès aux soins traditionnels est difficile, des plateformes telles que BetterHelp offrent une solution en ligne flexible et accessible, permettant de bénéficier d’un accompagnement par des professionnels qualifiés où que vous soyez.

Impliquer ses proches

Le soutien des proches joue un rôle déterminant dans la gestion de la dépression. Solliciter leur aide pour des tâches quotidiennes ou simplement pour partager son ressenti peut grandement alléger le poids de la maladie. Leur présence bienveillante aide à rompre l’isolement et à restaurer une connexion sociale. 

Créer un réseau de soutien avec des personnes de confiance, prêtes à écouter sans juger, favorise un environnement rassurant et encourageant. De plus, impliquer ses proches dans le suivi thérapeutique, par exemple en leur partageant les conseils donnés par un professionnel, peut renforcer leur capacité à offrir une aide adaptée.

Adopter des routines et pratiques positives

Pratiquer des activités physiques douces comme la marche, le yoga ou le Pilates stimule les endorphines et améliore l’humeur. Une hygiène de vie équilibrée, incluant un sommeil réparateur, une alimentation saine et des techniques de relaxation, favorise un rétablissement durable et renforce le bien-être global.

Un homme assis sur un canapé parle à quelqu'un via une tablette, tout en tenant un stylo et du papier sur ses genoux.
Getty/Luis Alvarez
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Les phases de la depressions : prévenir les rechutes

La prévention des rechutes repose sur un suivi thérapeutique régulier, en adaptant les consultations ou traitements selon les besoins évolutifs, et en utilisant des options telles que la thérapie en ligne. Reconnaître les signaux d’alerte, tels que la fatigue émotionnelle ou les pensées négatives, permet d’agir rapidement face à des déclencheurs potentiels. Il est également important de maintenir une hygiène de vie équilibrée, avec un sommeil de qualité, une alimentation saine et des activités apaisantes comme la méditation. 

Un plan de prévention personnel, élaboré avec un thérapeute ou son entourage, peut inclure des stratégies éprouvées et des actions concrètes en cas de signe de rechute. Enfin, renforcer les liens sociaux à travers des échanges réguliers ou des activités collectives aide à rester connecté et soutenu dans le temps.

Conclusion : Retrouver un équilibre et prévenir les rechutes 

Un dépistage précoce et une meilleure compréhension des différentes phases peuvent aider à retrouver un équilibre émotionnel et à favoriser le rétablissement.  Chaque trouble de l’humeur évolue à son rythme, mais reconnaître ses signes et demander de l’aide reste une étape essentielle vers la stabilité émotionnelle.Consulter un médecin traitant ou un professionnel en santé mentale aide à mettre en place un accompagnement adapté et à prévenir les rechutes.
Des plateformes telles que BetterHelp permettent d’échanger avec des professionnels qualifiés, proposant un accompagnement en ligne selon vos besoins.
Il existe des solutions à la dépression
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